Brain Gym – Kinésiologie 

Descriptif

Le Brain Gym est un programme d’exercices corporels développé dans les années 1970 par Paul et Gail Dennison dans le but déclaré de faciliter les apprentissages. Les mouvements proposés sont simples et répétitifs : ramper, bâiller, tracer des formes dans l’air, effectuer des mouvements croisés ou stimuler certains points du corps.

Le Brain Gym est directement issu de la kinésiologie éducative, « Educational Kinesiology » en anglais, nom donné par les Dennison à leur approche. Il ne s’agit donc pas de deux méthodes indépendantes : le Brain Gym constitue l’une des formes les plus connues et commercialisées de la kinésiologie éducative.

Selon ses promoteurs, certains mouvements permettraient « d’intégrer » différentes parties du cerveau, d’équilibrer les deux hémisphères ou encore de stimuler des « boutons cérébraux » afin de favoriser les apprentissages.

(Source Wikipedia

Promesses

Selon ses promoteurs, les mouvements de Brain Gym permettraient de préparer le cerveau à apprendre et d’améliorer de nombreuses capacités scolaires ou personnelles.

En contexte scolaire, le Brain Gym est présenté comme pouvant :

• améliorer la concentration, l’attention et la mémorisation ;
• faciliter la lecture, l’écriture, l’expression orale, les mathématiques, la logique et la compréhension des consignes ;
• améliorer la coordination ;
• aider les élèves à s’organiser, à participer en classe et à recopier plus facilement du tableau au cahier ;
• favoriser le plaisir d’apprendre, la motivation, l’estime de soi et une meilleure connaissance de soi ;
• faciliter la communication, l’écoute et la gestion des émotions ;
• diminuer le stress et l’anxiété, notamment avant une évaluation ou une prise de parole ;
• faciliter l’accès aux connaissances déjà mémorisées.

La méthode est également présentée comme susceptible d’aider les enfants en échec scolaire ou présentant un TDAH, une dyslexie, une dysorthographie, une dyscalculie, une dyspraxie ou des troubles de l’attention. Certains promoteurs précisent que le Brain Gym ne remplacerait pas un suivi spécialisé, mais pourrait le compléter en agissant sur des « blocages cognitifs ».

Plus largement, l’Éducation Kinesthésique se présente comme une approche permettant de « développer notre potentiel » dans de nombreux domaines scolaires et quotidiens.

Origine et fondements

Le Brain Gym a été élaboré aux États-Unis dans les années 1970 par Paul E. Dennison, puis développé avec Gail E. Dennison. L’organisme chargé de sa diffusion, l’Educational Kinesiology Foundation, utilise aujourd’hui le nom commercial Brain Gym International. « Brain Gym » est une marque déposée dont l’utilisation est accordée aux personnes formées par ce réseau.

Ses fondements ne proviennent pas d’un corpus scientifique reconnu en neurosciences ou en sciences de l’éducation. Les sources promotionnelles françaises citent notamment parmi les influences de Dennison l’optométrie comportementale, la chiropraxie et la kinésiologie appliquée.

La méthode reprend également des conceptions de Doman et Delacato selon lesquelles certaines difficultés d’apprentissage résulteraient d’étapes motrices mal acquises et pourraient être corrigées en les reproduisant, par exemple en faisant de nouveau ramper ou marcher à quatre pattes un enfant. Cette théorie avait déjà été largement invalidée avant la diffusion du Brain Gym.

Certaines explications sont particulièrement fantaisistes. Les « Brain Buttons » consistent ainsi à stimuler des points situés sous les clavicules afin, selon la méthode, d’augmenter la circulation sanguine vers le cerveau. D’autres exercices seraient censés « équilibrer » les hémisphères cérébraux ou coordonner les parties supérieure et inférieure du cerveau.

Ces mécanismes ne correspondent pas aux connaissances établies sur le fonctionnement cérébral. Une réponse du ministère de l’Éducation britannique au Parlement indiquait en 2009 que les connaissances anatomiques, physiologiques et neurologiques ne permettaient pas de soutenir les mécanismes revendiqués. Elle rapportait également que Paul Dennison reconnaissait que certaines affirmations de son manuel reposaient sur ses « intuitions » plutôt que sur des données scientifiques.

Un article scientifique publié en 2007 dans Remedial and Special Education concluait déjà que ni les fondements théoriques du Brain Gym ni les études disponibles ne permettaient de justifier les promesses de ses promoteurs.

Autres dénominations

Le Brain Gym peut être présenté sous plusieurs appellations :

• Éducation Kinesthésique ;
• kinésiologie éducative ;
• Educational Kinesiology ou Edu-K ;
• gymnastique cérébrale ou « gym du cerveau ».

Une activité présentée comme « Éducation Kinesthésique » ou « kinésiologie éducative » peut donc relever directement du Brain Gym même si la marque n’est pas mentionnée.

Points de vigilance

Les explications « neuroscientifiques » du Brain Gym ne correspondent pas aux connaissances établies sur le cerveau. Équilibrage des hémisphères, « boutons du cerveau », restauration de « circuits » ou stimulation supposée de la myélinisation du corps calleux sont encore avancés par ses promoteurs sans fondements scientifiques solides.

L’efficacité spécifique du Brain Gym sur les apprentissages n’est pas démontrée. Les études disponibles ne permettent pas d’établir que ces exercices améliorent spécifiquement la lecture, l’écriture, les mathématiques, la concentration ou la mémorisation.

Les promesses concernant les troubles des apprentissages et du neurodéveloppement appellent une vigilance particulière. Présenter une méthode non validée comme susceptible de « lever des blocages cognitifs » chez des enfants dyslexiques, dyspraxiques ou présentant un TDAH peut brouiller les repères des familles et retarder le recours à des accompagnements adaptés.

Le Brain Gym appartient au champ plus large de la kinésiologie éducative, elle-même non validée scientifiquement. Dans son expertise réalisée à la demande du ministère de la Santé, l’Inserm classe la « kinésiologie éducative » parmi les kinésiologies énergétiques et conclut que ces pratiques n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Il souligne également l’absence de validation du test musculaire utilisé dans une grande partie de la kinésiologie et certains risques liés notamment à la relation d’emprise. (Source)

Une certification Brain Gym n’est pas une qualification reconnue par l’État. Les formations sont délivrées par le réseau propre à la méthode. Plus largement, le ministère de la Santé rappelle qu’une certification privée dans le domaine des pratiques non conventionnelles ne constitue pas une validation scientifique.

Le problème ne tient donc pas seulement à une efficacité insuffisamment démontrée : le Brain Gym attribue à des mouvements ordinaires des mécanismes cérébraux largement invalidés ou sans fondement établi, en les présentant avec un vocabulaire donnant une apparence scientifique à la méthode.

Et si on faisait plutôt…

bouger les élèves, tout simplement, sans prétendre « équilibrer les hémisphères », stimuler des « boutons du cerveau » ou lever des « blocages cognitifs ». Des pauses actives, des jeux moteurs, des exercices de coordination ou quelques minutes d’activité physique peuvent parfaitement trouver leur place dans la journée scolaire. L’Éducation nationale encourage d’ailleurs l’activité physique quotidienne à l’école primaire.

Les recherches sur les pauses actives en classe suggèrent des effets intéressants sur l’attention et le comportement face à la tâche, même si les résultats concernant les performances scolaires et les fonctions cognitives restent variables. Autrement dit, faire bouger les élèves peut être utile sans avoir besoin d’inventer une explication neuroscientifique.
Source : Ruhland et Lange, 2021 ; Masini et al., 2022

Pour les élèves présentant des difficultés durables de lecture, d’écriture, d’attention ou d’apprentissage, mieux vaut s’appuyer sur des adaptations pédagogiques appropriées et, lorsque cela est nécessaire, sur l’évaluation et l’accompagnement de professionnelles et professionnels qualifiés plutôt que sur une méthode prétendant agir sur des mécanismes cérébraux qui ne sont pas établis.

Pour aller plus loin

Outil

Document récapitulant les alertes et réserves émises par la Miviludes à propos de la kinésiologie & Brain Gym, incluant les usages généraux ainsi que les risques identifiés en milieu scolaire ou auprès des mineurs (utile pour justifier que cette pratique ne devrait pas se retrouver en milieu scolaire ou d’éducation populaire)